Carnaval

Le retour de l’homme qui portait un masque de lapin noir

Collection: Karma - Date de Publication: le 4 Novembre 2010

Après dix ans d’exil, un mystérieux inconnu revient sur son île natale, où une révolution sanglante à engendré un état de carnaval permanent. Prétendument architecte, celui qui se cache derrière un masque de lapin noir va rapidement se montrer bien plus impliqué dans l’histoire torturée de son pays qu’il n’y paraît de prime abord. Affrontant enfin son passé, il fera alors tout pour réparer ses erreurs et celles de son peuple, quitte à commettre bien pire…

S’inspirant du réalisme magique d’auteurs sud-américains et antillais comme Gabriel Garcia marquez ou Aimé Césaire, Akalikoushin signe une version très personnelle d’Alice aux pays des merveilles et nous offre ici le premier tome d’une saga au souffle épique.

Interview

La trame de ton récit associe le réalisme des travers politique à l’insolite de personnage fantastiques à la manière d’auteurs sud-américains comme Gabriel Garcia Marquez ou Alejo Carpentier, tes inspirations viennent-elles de là ?
A : Effectivement, mes inspirations directes sont les auteurs sud-américains, du point de vue de la continuité narrative. L’histoire du Nouveau Monde est déjà fantastique quand on la regarde de plus près. Fantastique dans son horreur, avec tous les massacres, l’esclavage, et la destruction de civilisations entières par d’autres, fantastique dans sa beauté avec tous ses paysages, la Forêt Vierge d’Amérique du Sud, les îles des Antilles. Et fantastique dans le changement que la découverte de ce Nouveau Monde apporta aux européens (sans pommes de terre, pas de frites et sans tomates, foin de pizza). La plupart des auteurs sud-américains ne pouvaient passer à côté de cette histoire, ils se devaient de parler de royaumes déchus, des vaincus sans histoire, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la révolution. Même la religion dominante est importée, la magie et les esprits de ces terres américaines sont travestis, cachés sous le visage de saints catholiques. 
Je suis inspiré par ces auteurs qui font ressurgir la magie enfouie sous la botte du conquistador, pour rendre à ces terres leurs esprits et leurs merveilles humaines. La révolution d’Haïti est l’exemple sublime de cette réappropriation de sa propre histoire par la stratégie politique, militaire et magique.

Le sujet de ton histoire rappelle des événements qui ont pu se passer sous des régimes dictatoriaux, où as-tu puisé le récit relaté ?
A : Au mois de mars 1967, des émeutes éclatent à Basse-Terre en Guadeloupe, suite à un acte raciste d’un commerçant européen envers un artisan noir. Quelques mois plus tard à Pointe-à-Pitre, une grève des ouvriers du bâtiment éclate, réclamant 2% d’augmentation et la parité en matière de droits sociaux. L’ordre est donné de réprimer durement la manifestation. Le lendemain, les lycéens pointois descendent à leur tour dans la rue pour protester contre le régime gaulliste. Lycéens et ouvriers luttent contre le régime en place, pacifiquement. Le préfet de l’époque, un certain Bolotte, donne alors l’ordre de tirer, « en faisant usage de toutes les armes ». L’histoire ne sera jamais précise sur le nombre de victimes, sept selon la France, plus d’une cinquantaine selon certains. Des familles ont préféré inhumer leurs morts en secret, de peur des représailles de l’Etat. 
C’est de là que j’ai puisé mon récit. J’ai bien sûr romancé, mais j’utilise des phrases proférées par des personnalités politiques réelles à l’occasion du discours du président précédant la révolution. Non, mon histoire ne raconte pas des événements sous un régime dictatorial, mais sous un régime gaulliste colonial et surtout démocratique. Peut-être la différence n’est-elle pas flagrante...

Ton dessin, ainsi que la colorisation à l’aquarelle, sont peu courants chez les dessinateurs de ta génération. A quel courant graphique te rattaches-tu ? 
A : J’estime ne pas avoir de courant graphique spécifique, j’essaie de faire l’éponge et d’absorber tout ce qui peut me servir. Je ne prétends pas maîtriser une technique, j’utilise toutes celles qui me permettent d’exprimer une pensée, une émotion ou une action. Un cadrage dynamique plagié sur Naruto, un style à l’aquarelle s’efforçant d’imiter Yoshitaka Amano pour représenter une grande aisance ou la liberté, un négatif à la Frank Miller, un découpage pompé sur Hergé pour exprimer une action continue. J’aime tous les dessins ayant une force expressive aussi bien que technique, un discours purement formel, ou au contraire un but moral ou politique.

Sales Points
  • Alice au pays des merveilles sous les tropiques, par temps de dictature.
  • un graphisme radical qui évoque Bilal.
  • le premier tome d’une saga au souffle épique.
Categories drame/chronique sociale
Trailer

Caractéristiques

Isbn 9782359760101
Nombre de pages 80
Dimensions 190 x 270 mm, à la française
Cover Format cartonnée, quadrichromie
Cover Paper offset mat 135 g, carton 2,4 mm
Papier intérieur Munken Pure 130g
Qualité d'impression 150 lpi
Bookbinding Format cousu, dos arrondi, pelliculage mat, vernis sélectif