Le Monstre

Défiguré, il renoue avec la vie

Collection: Karma - Date de Publication: le 4 Novembre 2010

Après le terrible accident de voiture dont il a été victime, Antoine Kraven se retrouve défiguré à vie. En proie à la honte et aux remords, le « monstre » qu’il est devenu aux yeux de tous se terre chez lui et refuse tout contact. Prisonnier de sa nouvelle apparence, gérant au mieux sa solitude et ses frustrations au quotidien, il devra peu à peu faire face à son passé et réapprendre à vivre.

En déroulant avec subtilité le fil des errances psychologiques de ce grand brûlé, pris entre pulsions destructrices et élans de vie, Joseph Safieddine et Tom nous offrent un poignant huis-clos au graphisme remarquable de sensibilité, où la folie n’est jamais très loin.

Interview

Interview de Tom Viguier

De quelle façon s’est déroulée ta collaboration avec Joseph, le scénariste du Monstre ? 
Tom : Vraiment bien, dès la première prise de contact il m’a semblé qu’on était sur la même longueur d’ondes, et il n’a pas fallu longtemps pour que le projet se voie proposé d’être édité (ce qui nous a vraiment surpris). Par la suite, c’est un véritable échange qui s’est produit, l’ensemble a bien évolué et je pense que le résultat nous correspond à tous les deux. J’ai hâte de travailler de nouveau avec lui.

Comment as-tu appréhendé cette histoire de l’intimité d’un grand brûlé de retour à la vie quotidienne ?
T : Malgré la trame ultra glauque de l’histoire, une profonde classe se dégageait de ce personnage, c’est ce qui m’a tout d’abord plu, et ce que  j’ai tenté de retranscrire. On ne peut pas s’empêcher de porter un regard curieux sur les gens hors normes, handicapés. Mais ce qui blesse, je crois, c’est d’être pris en pitié. Et on ne voulait pas que le lecteur se dise durant tout le livre «oh le pauvre» ou un truc du genre, on voulait plutôt inspirer une sorte de respect... quelque chose de neutre, et qui se garde de le juger . 

Quel rôle a joué la communauté manolosanctis dans ton métier de dessinateur ?
T :Depuis que je me suis lancé dans la bande dessinée, c’est-à-dire il y a un an, la plateforme manolosanctis a très vite été un bon stimulant pour produire. Les membres actifs du site, par leurs réactions, aident à comprendre un peu mieux ce que l’on fait et l’effet que ça fait sur un lecteur. Quand au staff, je les remercie encore de me soutenir et de croire en des petits jeunes comme moi. De nos jours, c’est rare.

D’où te viennent tes inspirations de dessinateur? 
T : Dans les bandes dessinées de mes parents, je me souviens de Gotlib et sa Rubrique à Brac, Ptiluc avec Pacush Blues et enfin L’Incal de Moebius. Puis, en me mettant sérieusement au dessin (quelques années plus tard), je suis tombé accro à Nicolas de Crécy, mais alors complètement ! Ensuite j’ai tenté de décrocher et ça fait quelques années que je n’ai pas acheté ni ouvert un de ses livres. Pour compenser, Blain, Sfar, Blutch, et également Ruppert & Mulot, qui m’ouvrent de nombreuses portes. Mais j’avoue ne pas lire tant de bandes dessinées que ça, je fais partie de ceux qui pensent que quelque part, l’inculture crée l’originalité.

Interview de Joseph Safieddine : 

Ton album traite du retour d’un grand brûlé à la vie quotidienne. D’où te vient cette idée de reprise de la vie après un traumatisme ?
JS : C'est plus un état d'esprit qui me touchait. Quand on est tout seul, vraiment comme un chien. Et qu'on sait qu'à partir de maintenant il va falloir se débrouiller toute sa vie comme ça.  Le manque d'espoir. Il a beau être vivant, c'est quand même pas très folichon... Le personnage doit avancer malgré le fait qu'il est "foutu", il ne sait pas trop pourquoi il survit. 

Comment as-tu procédé pour rendre de cette façon les errances psychologiques d'Antoine ? T'es-tu documenté sur le sujet, ou as-tu seulement fait appel à des facultés de compassion et à ton imagination ?
JS : En gros, le personnage pourrait être comparé à quelqu'un qui fait une grosse dépression, sans forcément de traumatisme physique. J'ai essayé d'imaginer ce que je ferais si j'étais si mal, si je n’avais envie "de rien". Comme lui, j'aime bien la pizza et les films. La coke un peu moins. 

Quel rôle a joué la communauté manolosanctis dans ton travail de scénariste de bande dessinée ?
JS : On a eu quelques bonnes critiques assez vite, sur le pitch et sur le dessin. C'est encourageant d'avoir aussi vite des retours. 

Qu’est-ce qui t’a mené à Tom au dessin ?
JS : C’est Tom qui est venu ! Un don du ciel... Il fait partie d'une bande de dessinateurs à Lyon (la crème !), le scénario tournait un peu dans leur atelier et Tom m'a contacté. Et sans en faire des tonnes, il avait très bien cerné le personnage, il avait même des infos que je n’avais pas... 

Sales Points
  • on ne sort pas indemne de l'ambiance claustrophobe et obsédante du monstre.
  • le quotidien d'un grand brûlé : un sujet puissant traité avec une grande finesse.
  • le trait crayonné de Tom Viguier nous rappelle Nicolas de Crécy.
Categories Drame
Trailer

Caractéristiques

Isbn 9782359760095
Nombre de pages 144
Dimensions 190 x 270 mm, à la française
Cover Format cartonnée, quadrichromie
Cover Paper carton 2,4 mm
Papier intérieur Munken Pure 130g
Qualité d'impression 150 lpi
Bookbinding Format cousu, dos arrondi, pelliculage mat, vernis sélectif